Contes et légendes en Franche-Comté

Les légendes en Franche-Comté

Les régions de Bourgogne et de Franche-Comté révèlent un grand nombre de légendes, de superstitions et de légendes.

Souvent rattachées à des lieux, ces croyances sont le fruit d’une histoire partagée entre mythes chrétiens et païens, d’anecdotes historiques.

La légende de la pierre Mourey

Certaines légendes racontent qu’un bloc de mégalithe d’origine glacière “la pierre Mourey” tournerait sur elle-même tous les 100 ans.
Chaque année, elle quitterait son socle pour plonger dans un étang à proximité.
Chaque solstice d’été, des jeunes gens venaient danser autour de cette pierre et allumaient un grand brasier.
À Noël, on y venait brûler de petites chandelles.
La bonne fée de Montbéliard

Surnommée Tante Arie ou Airie, la bonne fée de Montbéliard est l’équivalente du Père Noël et de Saint-Nicolas.

Selon la légende, elle serait la réincarnation de la comtesse Henriette de Monbéliard.
Celle-ci avait épousé en 1407, le comte Eberhard de Wurtemberg du comté du même nom. Par cette union, le comté de Montbéliard dépend alors du Saint Empire romain germanique du XVè au XVIIIè siècle.

Après la disparition de son époux, survenue en 1419, la comtesse gouverne seule les comtés de Montbéliard et de Wurtemberg.

Destituée par ses deux fils du comté de Wurtemberg, elle règne en bienfaitrice sur le comté de Montbéliard jusqu’en 1444 au château d’Étobon.

La légende raconte également qu’elle s’habillait en paysanne, et accompagnée de son âne Marion, elle sillonnait le Pays de Monbéliard chargée de cadeaux.
Sous de nombreux déguisements, elle demandait l’hospitalité. De cette façon, elle rencontrait les gens et encourager les ménages vertueux, travailleurs et charitables.

La légende :
Tante Arie gâtait les enfants le soir de Noël. Elle déposait, en toute discrétion, de beaux cadeaux dans les chaussons. La rumeur disait qu’elle vivait dans une grotte au fond de la forêt. Incognito, elle rendait visite aux villageois. Malgré la peur des enfants, elle savait semer joie et bonheur, sans tenir compte des petits défauts. Un beau jour, elle fut obligé de donner une leçon. C’était un soir froid d’hiver. Elle frappa à la porte d’une maison à l’apparence défraichie et pauvre. Une très jeune fille, prénommée Madeleine, vint lui ouvrir. Dédaigneuse devant cette femme habillée comme une mendiante, Madeleine lui cria sèchement : “Allez-vous en ! Vous n’avez rien à faire ici ! ” Le père, qui avait entendu sa fille hurler, intervint. Confus et honteux du comportement de Madeleine, il invita la vieille dame à entrer et lui pria de prendre place près du feu. Il lui servit également une soupe. La jeune prétentieuse avait là des parents braves. Mais ils gâtaient trop leur fille unique. Devenue paresseuse, dure, celle-ci était très égoïste. Ils discutèrent avec la mendiante des soucis  dûs au caractère de Madeleine. La jeune fille exaltait lorsque la fête du village avait lieu. Coquette, elle faisant en sorte d’arriver la dernière à l’office afin que tous puisse admirer sa beauté. Les jours précédent la fête, elle était plus irascible, plus hautaine que jamais. Devant le temple, elle reconnut la vieille femme. Au même moment, un énorme coup de vent emporta son chapeau. Elle appela Tante Arie pour l’aider à le remettre. Elle courut ensuite au temple, entra la dernière comme à son habitude, sans prendre la peine d’être discrète. Tête haute et démarche princière, elle prit place au premier rang. Des ricanements et des chuchotements étouffés  se firent entendre. Persuadée que son entrée avait fait sensation, elle demanda, néanmoins à une autre jeune fille pourquoi les gens riaient “Parce que tu es la mieux coiffée !” répondit-elle. Étonnée de cette réplique, Madeleine courut jusqu’à la fontaine pour s’y mirer. Et ce qu’elle vit s’y refléter la stupéfia. Elle était coiffée d’un bonnet de nuit. Honteuse, elle entra dans une rage folle.  Et voulut absolument se venger de la vieille femme qui lui avait joué ce vilain tour. Quelques temps plus tard, elle apprit la venue en soirée de Tante Arie. Le couple lui offrit un bel accueil. Après son départ, les parents de Madeleine constatèrent que dans chaque placard il y avait de nombreuses choses alléchantes.  Ils étaient persuadés que cette mendiante était bien la Tante Arie. La jeune fille, quant à elle prit conscience qu’elle s’était moquée de la bonne fée. Elle décida, dès le lendemain de la suivre. Son désir de vengeance toujours en tête, elle clama haut et fort à travers le pays que la Tante Arie avait des pattes d’oie. Quand la vieille femme eut vent de cette rumeur, elle fut très en colère. Au matin de Noël, Madeleine reçu en cadeau un martinet. La Tante Arie ne pouvait pardonner ni la calomnie, ni la méchanceté gratuite.

La chanson de la Tante Airie :

Premier couplet

Vêtue comme une paysanne
Coiffée de son beau diairi
Elle traverse la campagne
Sur son petit âne gris

REFRAIN

Connaissez vous tante Arie
La bonne fée de ce pays,
Tous les enfants rêvent d’elle,
Et l’approche de Noël.

Deuxième couplet

En passant le long des routes
Des villages , des hameaux,
Elle regarde , elle écoute,
Elle prend un peu de repos.

Troisième couplet

Elle termine les ouvrages
Des mamans trop fatiguées,
Elle va redonner courage,
Aux ouvriers épuisés.

Quatrième couplet

Les enfants sages à Noël
Auront de jolis cadeaux,
Et pour que la nuit soit belle,
Des bonbons et des gâteaux.

La légende de la Vouivre


Vouivre : vient du latin uipera qui signifie serpent, vipère. Les Celtes la nommaient la Wivre.
Cette bête étrange est dotée d’un corps de serpent et d’ailes d’oiseaux. Son œil unique est un diamant, l’escarboucle. Ce dernier jette une lumière tellement vive, que lorsque le serpent vole d’une montagne à l’autre, on y voit comme un éclair.

L’étrange animal vit dans des endroits cachés, des ruines de châteaux, de couvents, des gorges ou encore sous terre. Il aime aussi les étangs paisibles, les rivières tranquilles, les sources, les torrents et les chutes d’eau.


L’escarboucle vient du latin cabunculum désignant un petit charbon, de la braise et par métaphore la pierre précieuse rouge. Dans la tradition comtoise c’est un diamant.

La Vouivre se séparerait de son diamant lorsqu’elle se baigne. Ce serait-là, le moment idéal pour s’en emparer, car le serpent privé de cet œil serait aveugle.

La quête :

Ulysse, un jeune homme vivant à Condes désirait s’emparer de l’escarboucle.

Il imagina un stratagème. Se cacher sous un cuvier hérissé de grands clous, près de là où la Vouivre se baignait habituellement. Il vit l’escarboucle posée sur la pierre. Attiré par le brillant de la pierre, il la déroba puis se réfugia sous son cuvier. Ivre de colère, la Vouivre s’élança contre lui, mais se blessa. Plus elle s’acharnait, plus elle se vidait de son sang. Elle se laissa alors mourir.

Le jeune homme, quant à lui ne profita guère de son trèsor. Il mourut le lendemain.


Divers récits racontent la même quête avec cette issue fatale.

Un paysan qui habitait à Mouthes, parvint également à s’emparer de l’escarboucle. Il la vendit. Les pièces d’or se changèrent en feuilles sèches de foyard. Désespéré, ses cheveux devinrent blancs instantanément. Le soir avant de se coucher, il narra son aventure, puis mourut dans la nuit.

Une femme vivant à Mouthiers, quant à elle ne trouva plus qu’une tête de chou dans son tablier.Elle fut quitte cependant pour une belle frayeur et un bain nocturne dans la Loue.

Cet escarboucle serait donc comme un saint Graal comtois. Elle ne pourrait se laisser conquérir que par un être au cœur pur.

La légende du lac de Narlay

 

Une fée déguisée en mendiante entraine le destin d’un village.

Il existe plusieurs variantes de ce conte.

Il paraitrait que le village du frasnois se situerait à l’emplacement du lac, dans les profondeurs.

Un jour de Noël, une vieille mendiante passa dans le village. Elle demandait un peu d’argent et un peu de nourriture. Nul ne l’aida. Sauf un aveugle.

La mendiante, sorcière de son état, se vengea. Elle fit pleuvoir sur le village durant des semaines. Le village fut complétement noyé sous les averses. La seule maison épargnée fut celle de l’aveugle. C’est autour de cette maison que se serait formé le hameau de Narlay.

Il paraitrait que le jour de Noël, on entend le coq du village chantait depuis le clocher englouti.

Beaucoup d’écrivains firent référence à cette légende : Alphonse Rousset, Désiré Monnier, Charles Thuriet, Louis Martin, Gabriel Gravier…

On dit aussi que le lac possède des propriétés magiques. Les lavandières, que les villageois imaginaient être des fées, auraient donné au lac le don de blanchir le linge sans lessive ni savon.

Une lavandière est une créature fantomatique, aperçue plutôt la nuit, et elle est vue nettoyant du linge en bordure d’un lac, d’un lavoir ou d’un ruisseau.Elle est liée au domaine de la mort pour ceux qui la croisent.

 

La légende de Saint Dizier



Désidérius était un évêque vivant vers la fin du VIIème siècle.  Alors qu’il revenait d’un pèlerinage à Rome, il croisa un autre évêque au pays des Alamans.
Tous deux se disputèrent afin de savoir qui était véritablement envoyé par Dieu.

Ils se lancèrent des bâtons de feu. Celui de Désidérius ne se consuma pas. Des vases sacrés en argent lui furent alors offerts par le roi des Alamans.

Il reprit sa route pour rejoindre une chapelle dédiée à Saint-Martin, y célébrer la messe et convertir les incroyants. Mais le Diable, qui voulait conserver toutes ces âmes, l’arrêta. Au moment où il le rejoignit, le chemin de pierre fondit et ses pieds fourchus s’y enfoncèrent. Quant aux sandales de Désidérius, elles ne laissèrent que de légères empreintes.

Il rejoignit enfin la chapelle Saint-Martin. Il demanda à étancher sa soif. Le village connaissait une période de grande sécheresse. Il but le peu d’eau qu’on lui offrit. Et là se produisit un miracle. La cruche ne désemplissait pas. Chacun put enfin se désaltérer.


Après avoir quitté l’oratoire, l’évêque réalisa l’ascension d’une butte. Il s’y prosterna après avoir coupé des rameaux et former une croix. Celle-ci donna naissance à un arbre qui poussa en forme de croix.


Il connaissait son funeste destin. Il serait attaqué par des voleurs, intéressés par ses vases, et mourrait dans le village.

Quand cette prophétie se réalisa, il était accompagné de son serviteur Willibert, et de son diacre. Willibert eut la tête fendue durant l’attaque. Mais avant de trépasser, Désidérius lui dit de se couvrir la tête avec une couronne de ronces. Willibert suivit son conseil et fut guérit.


Devenu Saint-Dizier, on conserva des reliques.  Elles sont consacrées aux malades de la  tête. C’est pour cette raison que les malades mentaux venaient en pèlerinage à Saint-Dizier. Durant neuf jours de traitement, on les baignait dans la fontaine du Val, on les nourrissait de pain et de vin bénis. Un rituel était également instauré : Ils devaient dormir une nuit dans l’église et passer sous le mausolée du tombeau de Saint-Dizier.

À suivre d’autres légendes de Fanche-Comté