Verrerie en Bourgogne - Franche-Comté

Riche de matières premières dans la conception du verre, la Bourgogne  – Franche-Comté  entre forêts et rivières, est l’une des régions au savoir-faire ancestral.

Néanmoins, la fabrication du verre requiert une très grande consommation de bois. Jadis, lorsque cette matière première était épuisée, la verrerie était délocalisée. Les passages éphémères de ces établissements ne sont pas ou très peu répertoriés dans la toponymie et archives de l’époque.  Ce n’est qu’au 18e siècle, que le verre à vitre se répand. Il est obtenu sous forme de cive (disque plat) ou par la technique du manchon (cylindre de verre ouvert aux extrémités et découpé longitudinalement à chaud).

Les verriers s’installent donc plus près de la coupe de bois, souvent c’est un endroit délaissé par les concurrents. Les gorges du Doubs sont alors colonisés par les artisans verriers originaires de la forêt noire ou de suisse.

Deux établissements sont parmi les plus anciens de France. La Vieille-Loye et la verrerie de La Rochère.

Verrerie à la Houille :

Afin de remédier à la déforestation, ce qui a pour effet d’entrainer une hausse du prix du bois, on utilise à la place du charbon de terre. Cette technique reste cependant difficile à mettre en œuvre.  On en trouve néanmoins la trace en 1750 à Givors.  Une verrerie créée par deux francs-comtois : Enard et Robichon.

L’industrialisation en plein essor prend alors le pas sur les verreries traditionnelles et quelques-unes se convertissent à la houille.

Près de Besançon, la Compagnie des Verriers de Montferrand remplace en 1859 le moulin de Montferrand-le-Château par une verrerie, équipée de deux fours (de huit ouvreaux, ouvertures permettant de cueillir le verre en fusion dans un pot réfractaire) auxquels est rapidement ajouté un troisième au gaz de houille. L’établissement occupe 200 personnes en 1862. Également doté d’une taillerie de 150 tours, il fabrique de la gobeleterie et des services de table de luxe « façon cristal taillé ». Il ferme peu après 1883, alors qu’il emploie 370 personnes (250 hommes, 20 femmes, 40 filles mineures et 60 enfants), et cède la place à une soudière.